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Un schizo dans la place

Michel JOUBERT - Professeur de sociologie, Université Paris VIII, Chercheur au CESAMES (Centre de Recherche Psychotropes, Santé Mentale, Société. CNRS-INSERM)

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°29 – Le voisinage et ses troubles (Décembre 2007)

Dans le cadre d’une recherche en cours sur les interactions entre troubles du voisinage et santé mentale, nous nous sommes attachés à reconstituer divers contextes et séquences d’interactions considérées localement comme des perturbations, mineures ou majeures. Il s’agissait d’identifier et de démonter des « scènes de troubles » à partir de ce qu’en exprimaient les principaux protagonistes. Parmi les catégories de « troubles » marquants, nous avons exploré sur l’un des terrains les difficultés vécues par des résidents confrontés à des activités liées aux drogues illicites (petits trafics, regroupements de consommateurs, scènes de rue) qui se répercutaient au niveau des immeubles d’habitation sous la forme d’intrusions ou d’incidents entre co-habitants avec des répercussions au niveau du quartier. L’espace public (rue) ainsi que les zones de transition et de recoupement entre espace public et espaces d’habitat étaient privilégiés dans ce contexte renvoyant à une problématique de production d’interférences entre certains modes d’occupation de l’espace public (personnes vivant à la rue, regroupements de jeunes, micro-trafics, etc.) et les manières d’habiter et de voisiner.

En même temps que le recoupement de témoignages relatifs à ces événements, nous cherchions à comprendre la manière dont ils se constituaient en « troubles », c’est-à-dire en catégories pratiques utilisées par les acteurs en présence, qu’ils soient « troublés », « troublants » ou tiers. A partir d’une approche interactionniste et d’éléments de lecture socio-clinique, nous avons essayé de démêler des situations considérées localement comme particulièrement préoccupantes pour la « tranquillité publique » à l’échelle de la vie de quartier. L’approche interactionniste en partant de « l’influence réciproque que les partenaires exercent sur leurs actions respectives lorsqu’ils sont en présence physique immédiate les uns des autres » (Goffman, 1973) permet d’écarter une psychologisation des situations en se concentrant sur la manière dont certaines personnes peuvent se trouver affectées par la dégradation du système des inter-relations. Parler de production des troubles revient à considérer qu’ils ne renvoient pas à une réalité sui generis, mais résultent de la conjonction de facteurs multiples perturbant les cadres sociaux et psychosociaux à la base des régulations régissant l’ordre des relations sociales locales, qu’ils relèvent d’espaces privés ou publics. (…)

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