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Quand la psychiatrie est confrontée à l’intolérance sociale

Jean-Pierre MARTIN - Psychiatre, Chef de service, Hôpital Esquirol, Saint Maurice

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°29 – Le voisinage et ses troubles (Décembre 2007)

La psychiatrie est quotidiennement interpellée pour des troubles du comportement que sont les troubles de voisinages. Or ces catégories sont sociales et ne sont pas en soi des symptômes psychiatriques. Le psychiatre est donc convoqué comme expert pour trier ce qui relève d’une pathologie au même titre que pour un délit pénal. Cette extension appelle une réflexion sur l’usage social de la psychiatrie comme outil d’ordre public banalisé. Elle interroge également le niveau de socialité de la société et l’état du lien social. En tant que praticien de la psychiatrie, elle amène à questionner la nature et le sens de la notion de soin et de ses dispositifs, ainsi que les rapports entre la finalité soignante et la fonction d’expertise. L’extension de la fonction d’ordre public de la psychiatrie va donc bien au-delà de l’expertise pénale et du soin sous contrainte ; elle questionne le sens généraliste du travail de secteur et de l’obligation de moyens de la psychiatrie publique dans l’accueil de la souffrance psychique du sujet dans une situation contextuelle, donc de la place des tiers dans le soin.

L’obligation de moyens ne peut être une obligation de résultat, ce qui amène à préciser la place soignante dans l’obligation de soin.

L’obligation de soin intervient quand le trouble psychique entraîne une désorganisation du sujet telle qu’il n’est plus en mesure de reconnaître la nécessité des soins et d’exercer pleinement son libre arbitre. Mais cette obligation n’est pas synonyme automatiquement de contrainte, ce qui la confronte à la nécessité d’un accès aux soins qui se travaille avec les tiers concernés par cette désorganisation. Ces tiers sont le plus souvent dans la dramatisation et les fantasmes de dangerosité du sujet « fauteur de trouble ».

C’est une des fonctions du secteur, traiter l’ordre public comme une négociation et non comme une répression a priori. (…)

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