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Néo-ruralité et souffrance psychosociale

Jean-Jacques TABARY - Psychiatre, CPA Bourg en Bresse (Ain)

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°28 – Ruralité et Précarité (Octobre 2007)

Le monde rural n’est pas resté à l’abri des mutations sociologiques des dernières décennies. Il n’est, en tout cas, plus réductible au monde agricole, ni à l’exode rural…[1]Les néo-ruraux, ces citadins qui choisissent de vivre à la campagne, font l’objet d’études dans les régions où ils suscitent l’espoir d’une revitalisation de zones laissées en déshérence par le vieillissement de la population (30 % de la population du Limousin[2]). Perçus au départ comme emblématiques, voire militants d’un retour aux valeurs de la paysannerie traditionnelle repeintes aux couleurs de l’écologie, ils ont depuis longtemps dépassé cette image post-soixante huitarde.

La « petite maison tranquille à la campagne » est désormais une alternative à la portée d’une population aux ressources moyennes. Le choix en repose sur des motivations dont certaines se révèlent a posteriori préconscientes : sécurité, renforcement de l’identité[3]. La demande est telle que, loin de son caractère pionnier, elle est désormais largement gérée et encadrée politiquement.

Une fausse garantie de solidité des liens

Dans l’Ain, une politique d’attractivité est développée depuis trente ans dans les communes rurales qui voyaient leur population fondre, menaçant écoles et services ; ce sont les « lotissements » communaux. Cette politique est globalement une réussite qui a favorisé le développement économique basé sur les PME[4], revitalisé le tissu associatif et la vie communale. Les rapports avec les normes traditionnelles de la vie rurale y sont complexes et mériteraient une approche sociologique.Néanmoins, on peut rapidement avancer que les vieux schémas des difficultés d’adaptation aux lois de la ruralité héritées de la paysannerie (méfiance de la part des autochtones, ignorance des règles et des valeurs de la société rurale, contraintes de l’entretien de l’espace) n’ont plus cours. Pas plus que la tendance à rétablir dans le village, les règles de la ville. Si les premiers lotissements étaient à l’écart du cœur de la commune, cette ghettoïsation a été, le plus souvent, corrigée. Le phénomène « lotissement » est en voie de débordement par des installations en zone traditionnelle et des reprises de maisons anciennes. Les lieux de rencontre se sont déplacés : le traditionnel café, l’église, sont supplantés par l’école (où l’on se rend en voiture), le club sportif, l’association, la municipalité. (…)

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