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Le monde rural, terre d’exclusion ?

Alexandre PAGÈS - Maître de conférences à l’université de Franche-comté, membre du GRASS (IRESCO-CNRS)

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°28 – Ruralité et Précarité (Octobre 2007)

Depuis quelques années, magazines et journaux télévisés nous présentent une campagne idéalisée où la vie au grand air est synonyme de bien-être, d’air pur et d’épanouissement personnel. A l’heure de la mondialisation et des nouvelles technologies, la campagne représente un havre de paix où il fait bon vivre grâce à la vitalité des échanges interindividuels et des solidarités locales. Pourtant, cette image idyllique est bien trompeuse. Même si la campagne bénéficie d’une meilleure presse auprès de l’opinion publique, le tableau dépeint par tous ceux qui construisent cet imaginaire collectif doit être nuancé car il s’agit aussi d’un territoire dans lequel les difficultés quotidiennes peuvent prendre une tournure tout à fait dramatique.

Les données provenant de l’administration fiscale et des organismes sociaux sont sans ambiguïté : en France, on rencontre un peu plus 25 % de ménages pauvres chez les agriculteurs et les salariés agricoles, contre 14 % dans l’ensemble de la population. Dans la plupart des départements qui constituent la diagonale du vide (une série de territoires situés entre le Massif Central et les Ardennes), le regain démographique se fait attendre et les prestations sociales (pensions de retraite et d’invalidité, allocations de chômage, RMI…) jouent un rôle de redistribution non négligeable. La situation des personnes fragilisées par la maladie ou atteintes d’un handicap est peut-être la plus préoccupante. Comme j’ai pu le constater en réalisant une enquête sur le terrain, ces populations sont les premières à subir l’isolement et l’emprise du groupe. Certes, il existe des solidarités familiales ; les solidarités familiales préviennent l’exclusion mais elles provoquent une certaine dépendance vis-à-vis de son environnement immédiat. Lorsqu’on est au chômage, ou reconnu inapte au travail à cause d’une longue maladie ou à la suite d’un accident, on intériorise de façon très douloureuse ce statut peu enviable et il s’agit là d’une souffrance que les travailleurs sociaux et les professionnels de la santé ne peuvent occulter, surtout lorsque ces problèmes de santé se greffent à des problèmes financiers. (…)

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