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Certificat médical, statut social et embarras du psychiatre

Marie Carmen PLANTE - M.D, Professeure agrégée au département de psychiatrie, CHU de Montréal

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°26 – Ordonner le réel sans stigmatiser (Mars 2007)

Cette présentation décrit un moment du travail clinique d’un psychiatre avec une équipe multidisciplinaire formée de travailleurs sociaux, d’infirmiers, de deux médecins généralistes et d’un agent communautaire qui se consacrent aux personnes vivant sans abri et dans l’exclusion dans le centre-ville de Montréal.

Ces personnes sont victimes d’une double discrimination : être une personne « itinérante » et être une personne bénéficiaire de l’aide sociale. Parfois, certaines d’entre elles ne perçoivent aucun revenu et tentent de survivre en étant complètement démunies pendant des mois et des années, en raison d’atteintes mentales sévères qui les stigmatisent encore davantage.

La Loi n’exige plus qu’elles justifient d’une adresse fixe pour obtenir une allocation mensuelle; cependant cette allocation reste soumise à des normes qui catégorisent, et même les discriminent dans leur recherche. Bien sûr, elle permet une amélioration de la condition de vie ou devrait le permettre; mais vivre complètement en dehors des Missions et des différentes ressources associées, en se contentant de ce minimum de 270 à 350 euros par mois, est quasi impossible car cela représente souvent moins de la moitié du seuil de pauvreté dans notre pays.

Cette réalité est donc le reflet quotidien de ce que me rapportent les personnes que je rencontre depuis 10 ans. Ces gens me confient : «Docteur, comment puis-je arriver avec un tel montant? C’est un choix crucial et impossible à faire : Ou je loue une mansarde froide, obscure, un taudis à prix fort et je dois continuer à me nourrir, me vêtir et répondre à mes autres besoins en allant dans les missions, donc je ne peux quitter ce milieu…ou j’essaie de trouver du travail et de quitter enfin ce milieu mais il me faut quand même un endroit décent où je puisse me reposer et me refaire et puis quel travail trouverais-je et comment pourrais-je le garder si je demeure dans de telles conditions? »… (…)

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