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Ville et santé : l’initiative de l’invention aux communes

Lion MURARD - Historien, Chercheur en centre de recherche médecine, maladie et sciences sociales (CNRS UMR 8169)

Année de publication : 2006

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sciences politiques, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°24 – Elus des villes et santé mentale (Octobre 2006)

Comme le roman, le mouvement sanitaire sort de la grande ville du premier XIXè siècle, je veux dire de ce cloaque où croupissent pêle-mêle confondus les déchets des abattoirs, foires à bestiaux, étables et industries toxiques. Rappelons qu’au principe du Public Health Movement britannique, on trouve les abîmes creusés par la première révolution industrielle à Liverpool, par exemple, où la durée de vie moyenne n’excède pas 26 ans, contre 45 ans dans le Surrey campagnard, et où près de la moitié des enfants n’atteignent pas leur sixième anniversaire. Minorer le coût social d’une urbanisation si sauvage qu’elle verrouille l’espérance de vie, si même elle ne la réduit : toute la philosophie du mouvement britannique roule là-dessus ; mais aussi bien celle de son homologue français, les Annales d’hygiène publique, depuis 1829.

A défaut d’égaliser les classes devant la santé, notre chère petite ville peut-elle du moins se flatter d’avoir protégé ses concitoyens contre les expositions répétées aux entéroviroses et, partant, d’avoir pesé en quelque manière sur le déclin de la mortalité sur la période considérée? Le génie terrible des berceaux, la diarrhée verte, enlève pendant les fortes chaleurs de l’été 1911 plus de 46 000 nourrissons ; une anomalie qui n’en est pas une : sur deux nourrissons mis en terre dans la France des années 1920, il en est encore un que la gastro-entérite aura emporté. Longtemps, par le fait, la préoccupation majeure demeurerait celle de la salubrité municipale. L’écrasant tribut payé aux maladies hydriques portait-elle nos édiles à des gestes aussi modestes qu’alimenter leurs administrés en eau potable, évacuer leurs eaux usées ?

La question, ce nous semble, invite à éclairer le paradoxe d’une nation scientifiquement avancée mais souffrant de profondes faiblesses organisationnelles. Comme si la santé publique avait toujours constitué une matière administrative extraordinaire, où l’Etat aurait eu le plus grand mal à assumer ses fonctions régaliennes. Rien ici de complet, d’organisé, de méthodique. (…)

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