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Travail social : psychologisation des pratiques ou nouvelle figure de l’individu ?

Jacques ION - Sociologue, Directeur de recherche CNRS, CRESAL, Universités Jean Monnet, Saint-Etienne et Lumière Lyon 2

Année de publication : 2006

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°22 – La médecine générale à corps et à cris (Mars 2006)

Cet article est une réponse en écho théorique à l’article de François Chobeaux publié dans Rhizome N° 19 (juin 2005, p.6) intitulé « Y a-t-il une psychologisation des formations au travail social aujourd’hui ? »

Sur le constat, il est assez facile de s’accorder : en la plupart des lieux du travail social, des plus anciens aux plus récents, l’implication personnelle requise de la part de l’intervenant, le souci d’accompagnement des pratiques, l’exhortation à l’autonomie et à la responsabilisation même chez les plus démunis, la mise en œuvre de techniques biographiques, etc., tout indique à la fois une attention accrue à la personne singulière et une montée corrélative de l’incertitude identitaire[1]. Les textes législatifs récents sur l’aide aux usagers confirment cette focalisation et laissent à penser à une sorte de généralisation d’un traitement humanitaire de la misère. Peut-on pour autant, comme il est souvent proposé[2], parler de psychologisation des pratiques ? Une telle assertion me paraît relever d’une vision à trop court terme et faire l’impasse sur une nécessaire analyse sociologique. Je vais essayer en quelques mots de dire pourquoi et esquisser très rapidement une hypothèse alternative.

Qu’on me permette au préalable deux brèves remarques : L’accusation de psychologisation n’est pas neuve ; souvenons-nous que, dans les années soixante-dix, la plupart des sociologues, derrière Michel Foucault et Pierre Bourdieu, accusaient déjà les pratiques du travail social de masquer les rapports d’exploitation et de domination. Cette dénonciation de psychologisme allait de pair avec une mise en cause de l’Etat pensé comme puissance aliénante, instance de contrôle social s’opposant à l’émancipation des individus. Aujourd’hui, la dénonciation de l’usage de la psychologie s’accompagne au contraire, dans un contexte de globalisation néo-libérale, d’une exigeante demande d’Etat comme moyen de protection des individus. (…)

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