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Pratiques d’autonomie dans les dispositifs de tutelle

Benoît EYRAUD - Sociologue au CERPE Lyon, Doctorant au CEMS-EHESS, Paris

Année de publication : 2006

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°25 – Réinventer l’institution (Décembre 2006)

L’usage de la notion d’autonomie pose aujourd’hui problème dans la pratique professionnelle de la relation d’aide. Utilisée simultanément comme injonction, comme objectif, comme outil, comme valeur, comme principe éthique, elle renvoie nécessairement les aidants professionnels à leur position ambivalente, illustrée précisément par l’article 2 de la loi du 2 janvier 2002 qui définit les grands principes constitutifs de l’action sociale et médico-sociale : celle-ci « tend à promouvoir l’autonomie et la protection des personnes ». La pratique professionnelle des délégués à la tutelle offre un point d’observation privilégié de cette complexité.

La protection juridique implique une limitation de l’exercice de la capacité civile de majeurs : elle limite leur autonomie quotidienne, en leur imposant de ne plus exercer certains de leurs droits, au nom de leurs propres intérêts. Cette protection constitue donc simultanément une limitation et une définition de ce que doit être une capacité d’agir par soi-même.

Les délégués à la tutelle doivent mettre en œuvre cette ambivalence : d’une part, ils exercent certains droits des majeurs, réduisant ainsi leur autonomie ; d’autre part, ils cherchent à donner sens à cette pratique en se souciant de préserver et restaurer l’autonomie des personnes qu’ils accompagnent, dans le fil des méthodes et des objectifs du travail social. L’objectif ici est de rendre compte de la résolution quotidienne de cette ambivalence, afin de comprendre en quel sens les délégués revendiquent une adaptation de leur pratique « au degré d’autonomie » de la personne, et d’extraire différents usages et implications du concept d’autonomie. Trois conceptions de l’autonomie[1] vont être présentées à travers la pratique de délégués à la tutelle[2]. (…)

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