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La psychothérapie institutionnelle : retour vers le futur

Pierre DELION - Praticien Hospitalier, Chef de service secteur Ouest de Psychiatrie Infanto-Juvénile, CH Ste Gemmes sur Loire

Année de publication : 2006

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°25 – Réinventer l’institution (Décembre 2006)

La psychothérapie institutionnelle est une vieille dame qui risque à coup sûr de faire reparler d’elle d’une façon plus ou moins rapide et plus ou moins tonitruante : l’extrémité à laquelle nous sommes arrivés en psychiatrie, loin d’apparaître à mes yeux comme un progrès de cette discipline très susceptible de la médecine, est un des signes qui manifeste l’égarement dans lequel nous sommes entraînés à notre corps défendant. Pour avoir dit, démontré, puis crié la nécessité absolue de considérer la psychiatrie avec certains égards dus à sa spécificité, tout cela sans renier le moins du monde son appartenance à la médecine, nous voilà engagés sur la voie de la mise en conformité de celle-là sur les critères de celle-ci. Qui viendrait contester à l’organisation des services de chirurgie et de ses salles d’opération la nécessité de l’asepsie pour en permettre les pratiques dans les meilleures conditions de réussite possibles ? La chirurgie, depuis la mise en évidence par Semmelweiss de l’importance de ces précautions, en a été radicalement changée.

En psychiatrie, sous le mauvais prétexte que sa crédibilité n’était pas excellente, il a été accepté trop facilement l’idée que le rapprochement avec le fonctionnement médical classique était plus important que les spécificités qu’elle recèle en elle. Les malades mentaux, porteurs d’une pathologie de la liberté (Ey), ont certes un problème médical, mais pas seulement, et il ne faut pas être grand clerc pour comprendre, en appui sur les avancées permises par la psychothérapie institutionnelle que d’autres éclairages sont importants à prendre en considération. Parmi ces approches complémentaires, les apports de l’anthropologie sont fondamentaux, mais également ceux du Droit, de la Santé publique, de la Sociologie, de la Linguistique, du Multiculturalisme, et de bien d’autres que je ne saurais tous citer. Mais il ne suffit pas d’une connaissance intellectuelle de ces aspects de la psychiatrie, encore faut-il les intégrer dans une théorico-pratique qui soit utile au malade lui-même, dans l’effort que les soignants font pour l’accompagner dans sa déshérence, puis l’aider à bifurquer vers d’autres horizons moins déprimants. La psychothérapie institutionnelle, depuis sa création dans le creuset de Saint Alban, a su accueillir ces éléments disparates et diversifiés pour en déduire une praxis originale, ouverte et féconde qui a donné à la psychiatrie française la doctrine de la psychiatrie de secteur. Je rappelle souvent que cette révolution culturelle est une possibilité offerte aux patients et à leurs thérapeutes de tenir compte de la relation transférentielle quelle que soit la solution de soins proposée dans la diachronie du traitement. Et cette pratique a permis de proposer aux patients les plus graves, les personnes psychotiques, de bénéficier de moyens nouveaux pour les accueillir, les accompagner et les traiter. (…)

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