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Les élus locaux face à la souffrance psychosociale : de la sollicitude au politique. Séminaire DIV-Onsmp-Orspere.

Jean FURTOS
Fernando BERTOLOTTO

Année de publication : 2005

Type de ressources : Rapports - Thématique : SANTE MENTALE, SCIENCES HUMAINES, Santé publique, Sciences politiques, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

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Introduction et généalogie du séminaire

La santé mentale, au sens plein de ce terme, a une incidence directe sur le bien vivre
ensemble, qui légitime la préoccupation active des élus en ce domaine. Considérer la capacité
de bien vivre ensemble, à travers ses alternances de conflits et de paix, constitue une
approche de santé mentale qui inclut et dépasse les pathologies psychiatriques. Cette capacité
est facilitée par des régulations de nature politique. C’est à ce titre que les élu(e)s locaux
exercent une intervention légitime en ce domaine. Telle est l’idée directrice de ce rapport.
Le rapport Strohl-Lazarus (1995)1 s’était doté d’un titre percutant : “Une souffrance qu’on
ne peut plus cacher”; il a constitué le point de départ de la reconnaissance d’une souffrance
psychique d’origine sociale singulièrement complexe, à l’origine d’une demande nouvelle,
se manifestant au sein des dispositifs de proximité. Dans ce contexte, les dispositifs
des multiples interventions sociales sont certainement interpellés en première ligne, associés
ou non avec les secteurs de psychiatrie publique ; mais il semble que l’on méconnaisse
souvent le rôle des élu(e)s locaux en terme de présence et d’action.

Bien que la souffrance psychosociale soit surtout considérée lorsqu’elle entrave la vie dans
la cité, elle constitue depuis quelques années l’un des volets des politiques de lutte contre
les exclusions, notamment celles consacrées spécifiquement à la santé des plus démunis
(PRAPS2), à l’insertion ou via la politique de la ville. Elle apparaît comme un “marqueur
spécifique” de la précarité sociale (Haut Comité de la Santé Publique3). Les travaux de
l’ONSMP-ORSPERE (1999)4 ont conduit à authentifier une clinique psychosociale définie
comme la prise en compte de la souffrance psychique sur les lieux du social, donc par des
“non psy” ; ce qui exige de modifier leurs pratiques sans changer pour autant de métier et
de s’ouvrir au travail en réseau, qui n’est ni un mot incantatoire ni un simple carnet
d’adresses. Cette souffrance psychique, individuellement vécue par un grand nombre de
personnes, apparaît de fait comme un problème collectif ; elle est en effet corrélée aux phénomènes sociaux tels que le chômage ou l’exclusion, mais aussi aux sentiments douloureux d’un changement sociétal qui fait douter de l’avenir et surtout des capacités des décideurs comme de soi-même à y faire face. La non maîtrise d’un avenir inconnu et menaçant facilite cette souffrance qualifiée de “psychosociale”, dont certaines formes restent bénignes
tandis que d’autres deviennent invalidantes. (…)

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