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Des enfants au pluriel, une école au singulier (2e texte)

Marie Rose MORO - Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Paris 1, Chef de service à l’Hôpital Avicenne, Bobigny, Directrice de la revue transculturelle « L’autre ».

Année de publication : 2005

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Sciences de l'éducation, SCIENCES MEDICALES, Pédopsychiatrie, PUBLIC MIGRANT

Rhizome n°18 – Pour-parlers, enfance-psychiatrie (Mars 2005)

L’école en France est républicaine, laïque et c’est la même pour tous. Ce principe est un grand acquis de l’histoire française, une fierté, un principe précieux dont il faut, à mon sens, défendre l’esprit, à tout prix et avec fermeté, une égalité de fait. Pourtant, au quotidien, nous constatons combien actuellement, cette école ne remplit pas son rôle par rapport aux enfants singuliers, aux enfants de migrants, aux enfants très défavorisés sur le plan social, aux enfants qui sortent de la « norme », quelle qu’elle soit. Ainsi, par exemple, l’échec scolaire massif des enfants de migrants, qui cumulent difficultés sociales et culturelles, est un fait avéré. Or, quelles que soient ses causes, l’échec scolaire a des conséquences psychologiques importantes sur les enfants de migrants et sur les représentations que les familles ont d’elles-mêmes et de leurs enfants. Ces derniers, violentés par ces échecs souvent cumulatifs et redondants, sont marginalisés et exclus des circuits d’appropriation des savoirs, du moins les plus valorisés. Ils peuvent alors s’enfermer dans des attitudes anti-sociales, des attitudes de rejet et de passage à l’acte envers eux-mêmes ou envers autrui. Ils peuvent parfois aussi adopter des positions de repli identitaire ou pseudo-identitaire (telles que celles observées à la seconde génération vers l’islam ou l’islamisme…). Une manière de se construire une néo-identité face aux failles béantes de la transmission et du doute identitaire. Il ne s’agit pas de les déresponsabiliser, mais de resituer leurs comportements parfois suicidaires, parfois provocants, souvent violents, dans un cadre plus complexe. Remettre les parents dans leur rôle de parents et les enfants dans le leur. Comprendre pour agir et sortir du cercle de l’impuissance. Comprendre du dedans. (…)

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