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Quand la psychiatrie est un modèle…

Emmanuel VIGNERON - Professeur d’aménagement sanitaire, Université de Montpellier

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sciences politiques, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°16 – Territoires, limites et franchissements (Juillet 2004)

15 mars 1960, 5 mars 2004, 44 ans se sont écoulés entre la circulaire relative au programme d’organisation et d’équipement des départements en matière de lutte contre les maladies mentales et celle d’aujourd’hui relative à l’élaboration des SROS de troisième génération. Le premier de ces deux textes visait essentiellement à diviser le département en un certain nombre de secteurs géographiques, à l’intérieur de chacun desquels la même équipe médico-sociale devra assurer pour tous les malades, hommes et femmes, la continuité indispensable entre le dépistage, le traitement sans hospitalisation quand il est possible, les soins avec hospitalisation et, enfin, la surveillance de postcure. C’était, à l’aube des années soixante, un texte révolutionnaire habité d’égalité sociale et de santé publique. Le deuxième de ces textes, qui fait suite à l’ordonnance du 4 septembre 2003 portant simplification de la planification sanitaire, affiche comme priorité une plus grande prise en compte de la dimension territoriale pour l’élaboration des SROS de troisième génération.

La première remarque qui s’impose est celle du caractère pionnier de l’organisation des soins psychiatriques. La seconde remarque qui s’impose tout autant est celle de la lenteur avec laquelle le domaine des soins somatiques en est venu à une conception globale des soins, centrée sur les besoins de la population, incluant la prévention, le dépistage, le traitement et la rééducation. En effet, sans négliger les apports remarquables de la Loi de Juillet 1991 instaurant les SROS, ni même ceux de la circulaire de mars 1998 lançant les SROS de deuxième génération, il faut bien convenir que la territorialisation des soins est encore embryonnaire en France. La troisième remarque est celle de la très longue durée d’une telle entreprise à en juger par l’état d’incomplétude de la sectorisation en France et l’insuffisance de l’offre en psychiatrie publique, état et insuffisance qui se passent de qualificatifs[1]. Ces trois remarques incitent à tirer les leçons de la sectorisation psychiatrique pour la réussite de la territorialisation des soins somatiques et sans doute pour que celle-ci aille plus vite et plus loin que celle-là. (…)

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