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Espaces humains : limites et franchissements

Michel LUSSAULT - Géographe, Professeur - Université de Tours.

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°16 – Territoires, limites et franchissements (Juillet 2004)

Je propose d’aborder le territoire, qui est une notion-clef — et très débattue — du savoir géographique contemporain en l’intégrant dans une famille plus large, celle de l’aire. Tout d’abord l’aire n’est pas un lieu, bien que l’une et l’autre participent de la même métrique topographique. Mais, l’aire est toujours un espace d’une plus grande échelle relative que le lieu (dans une société donnée) et ce même si elle peut être de taille fort variée. De surcroît, elle se compose de l’assemblage délimité de plusieurs autres espaces autonomes et indivis. L’aire est donc plus grande que le lieu et divisible. Par ailleurs, l’aire entretient une relation de contrariété avec le réseau. Relation qu’on peut identifier empiriquement à partir de l’opposition continuité/discontinuité. L’aire renvoie à la continuité et à la contiguïté : c’est donc un espace de métrique topographique qui associe sans rupture des espaces contigus, soit des lieux, soit d’autres aires. Le réseau, quant à lui, est un espace caractérisé par la discontinuité et la connexité. Il importe de ne pas laisser penser que le lieu, le territoire, le réseau constitueraient de mêmes espèces d’espaces. Si tous ces mots désignent des espaces, il n’en reste pas moins que chacun dénote une espèce spécifique, qui potentialise des spatialités (i.e. des usages humains de la ressource spatiale) spécifiques.

L’aire se signale aussi par l’existence de limites, comme le lieu. L’aire forme un tout limité et cette limitation est constitutive de cet espace, alors que le réseau, quant à lui forme un tout illimité, ce qui s’avère une différence fondamentale. Il existe, bien sûr, différents types de limites : limites fermées, qui définissent un isolat (un rempart, une frontière imperméable, mais aussi aujourd’hui celles, immatérielles, imposées par les systèmes de télésurveillance et de télé sécurité) ; limites ouvertes continues (une frontière dans un espace de liberté de circulation) ; limites ouvertes floues (l’espace de transition, non matérialisé mais souvent intériorisé par les acteurs, qui sépare deux aires, ou, plus généralement, deux entités spatiales différentes). (…)

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