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Nécessité de la conflictualité et complexité

René ROUSSILLON - Professeur de psychopathologie clinique Lyon2, Directeur du Département de psychologie clinique, Président du Groupe Lyonnais de psychanalyse Rhône-Alpes

Année de publication : 2003

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°12 – La victimologie en excès ? (Juillet 2003)

La psyché humaine, la matière psychique (Freud) et la vie psychique qui l’anime, est complexe, voire selon les termes d’E. Morin “hyper-complexe”[1], et c’est là l’une des principales difficultés de sa saisie aussi bien par le sujet lui-même que par tous ceux qui se préoccupent de sa compréhension ou de son analyse. Il va de soi que si l’approche de cette complexité agissante ne peut s’effectuer sans une certaine réduction, celle-ci trouve sa limite dans la reconnaissance d’un minimum de complexité en deçà duquel l’idéologie totalitaire remplace la tentative d’intelligibilité. L’expérience clinique montre qu’il faut rechercher ce “ minimum ” de complexité dans le conflit et l’organisation de la conflictualité psychique.

Le conflit suppose en effet qu’une différence non réductible soit reconnue à la fois dans son essence et dans la nécessité de son organisation, il suppose un dualisme irréductible et un travail de traitement de celui-ci. La psyché humaine ne peut se déployer, se complexifier, se développer sans la tension provoquée par l’écart qui résulte de l’existence de plusieurs pulsions ou tendances contradictoires s’exerçant au même moment ou portant sur le même objet. On ne pense, on ne crée, on n’obtient du plaisir, on ne vit que pour autant que l’on relie deux objets, deux pensées, deux corps séparés par un écart, une différence et donc une conflictualité potentielle. Quand cette dualité, cette tension de travail ne peut se reconnaître et s’organiser, la psyché est dans un état traumatique, un état de collapsus, elle tend à être sidérée, la “réalité psychique” ne peut se représenter, elle ne peut plus vivre, tout au plus survivre en partie. (…)

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