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La victime, la sanction et la peine

Liliane DALIGAND - Professeur de médecine légale et droit de la santé - Université Lyon 1, Psychiatre des urgences au Centre hospitalier Lyon-Sud, Expert près la cour d’appel de Lyon, Présidente de la société française de victimologie

Année de publication : 2003

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°12 – La victimologie en excès ? (Juillet 2003)

La position de victime est une position qui ne s’élabore pas d’elle-même. S’il est nécessaire que la victime soit entendue dans son malheur, qu’elle soit crue, la production de sentiments qu’elle suscite chez l’autre est peut-être nécessaire mais jamais suffisante.

La marque de la tragédie qui la frappe ne prend sens que par la discrimination. La reconnaissance de sa position prend sa source dans la division de responsabilité. Il faut qu’il y ait reconnaissance d’une responsabilité tierce en différence de celle que la victime s’attribue d’elle-même dans son malheur et de celle dont ses proches la gratifie dans la douleur qu’elle leur impose.

Il faut s’évader de cette sorte d’adage que l’on est toujours responsable de ce qui vous arrive et qui serait comme une sorte de punition d’une faute connue ou inconnue, consciente ou non.

La victime est celle qui est atteinte dans son être par la faute d’un autre. Cette faute quelle que soit la position de l’agresseur est toujours à déterminer et seule la loi tranche. Elle tranche dans la confusion entre l’agresseur et l’agressé. On voit bien là que la distance est courte entre la punition et la faute en soi, dans son fonctionnement personnel, et la faute d’un autre infiltrée en soi qui se confond avec l’être. C’est tout le débat des procès où la parole doit circuler entre les différents acteurs du jeu procédural. C’est parce que la parole appuyée sur la vérité discriminante se développe que le processus de justice s’élabore. (…)

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