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La solitude exposée du sujet SDF, déni de la filiation instituée

Valérie COLIN - Docteur en psychologie clinique
Jean FURTOS - Psychiatre ORSPERE-ONSMP

Année de publication : 2002

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°10 – La psychiatrie publique en questions – 3ème volet : Au milieu du gué (Décembre 2002)

Dans le cadre d’une recherche-action récente[1], nous avons rencontré des équipes socio-éducatives de CHRS[2] suite au décès d’un de leurs hébergés. Au décours des récits de vie des défunts, il est apparu que la mort venait révéler l’existence d’une famille alors qu’on croyait la personne seule au monde. On se représente souvent le sujet en grande précarité comme quelqu’un de fondamentalement seul, sans famille, sans proche ; c’est ce qu’il dit ou ce qu’il laisse penser en l’absence de paroles. Mais dans la réalité il existe une famille : le sujet est né de quelqu’un et de quelqu’une, il a eu des liens d’appartenance, même s’il a effectivement existé une rupture dont l’origine est le plus souvent méconnue.

A la mort des personnes[3], des membres de la famille apparaissent ou réapparaissent (parents, fratrie, conjoint(e), enfants, neveux…), leur existence ressurgit, même s’ils ne sont pas présents à la cérémonie d’enterrement. Le maintien actif de la rupture de la filiation devient manifeste lorsqu’il cède au décès des personnes.

La rupture avec l’entourage familial est pourtant réelle, mais pas toujours comme on se la représente. Il semble bien exister une dimension active, de la part du sujet, pour le maintien de la rupture avec l’entourage familial, dont l’errance serait l’une des modalités existentielles. C’est ce qui produit la solitude exposée par le sujet à ses accompagnants sociaux; et qui l’épuise par la permanence du contre-investissement : investir la déliaison en lieu et place du lien. (…)

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