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Fondamentaux de la santé mentale et pratiques éducatives

Patrick Alecian - Psychiatre, chargé de mission auprès du Directeur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ)

Année de publication : 2002

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°10 – La psychiatrie publique en questions – 3ème volet : Au milieu du gué (Décembre 2002)

Chargé de mission pendant 7 ans auprès du directeur de la Protection judiciaire de la jeunesse et au jour où je quitte mes fonctions au Ministère de la Justice, je veux dire ce que m’ont apporté ensemble la chaîne des enfants sous main de justice, les éducateurs de la PJJ, des psychologues et psychiatres qui ont accompagné mes travaux et les trois sociologues (C. Laval, H. Lagrange et C. Delcroix) qui m’en ont offert la trame. Je veux dire encore que cette mission a alterné entre les couloirs des ministères et les sites où sont reçus nos enfants de France quand ils sont portés par cette main qui protège et sanctionne à la fois: centres d’accueil, lieux de vie, hôpitaux, foyers, quartiers de mineurs, familles d’accueil ou studios. Je veux dire enfin que je sais…parler au moment où le malaise dans la culture continue à attaquer le sujet en profondeur, et dès son plus jeune âge voire même avant sa conception! Ces enfants là nous révèlent ce que sont: instrumentalisation, réification, séduction, emprise, abandon, insécurité, souffrance, violence pour ne pas dire survie. La négation, sans être celle du syndrome de Cottard est à l’œuvre dans l’impensable, l’impossible à « psychiser » et l’absence d’empathie. L’autisme n’est certes pas là en tant que tel. La psychose et la schizophrénie y sont plus souvent présentes, sourdes ou laissant aveugles les professionnels que nous sommes tout en creusant les interstices des ravages futurs d’une adolescence déviée y troublant alors l’individuation et la relation à l’environnement. La douleur morale et le sentiment d’indignité sont fondus dans une culture de l’illusion et Soeur Emmanuelle après avoir vécu avec les pauvres et les criminels d’Orient près des tas d’immondices, est donc apparue sur les écrans d’Occident nous amenant par cet acte à réfléchir sur nos propres immondices, offrant alors le miroir de notre tragédie. Quand elle dit à l’animateur un instant authentique: « mon pauvre… », c’est à nous qu’elle s’adresse par un dialogue sur nos errances. En dehors de cet acte de foi, n’y aurait-il pas d’autres creusets pour penser la destinée de la condition humaine et ce qu’en annonce A. Malraux? La psychiatrie française et la psychanalyse dans les fondements généreux de leurs naissances et mariages vont-elles pouvoir aider à adopter cette enfance qui les côtoie et joue dangereusement à leur porte ? (…)

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