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Les enfants et leurs cabanes

Eric LEMONNIER - Pédopsychiatre à Brest

Année de publication : 2001

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES MEDICALES, Pédopsychiatrie

Rhizome n°7 – Habiter (Décembre 2001)

Lorsque Diogène décide de renoncer à une vie facile, il s’installe dans un tonneau pour s’y livrer à la méditation. Le Grand Alexandre, intrigué, vient le trouver et lui demander ce qu’il souhaite. « Ote-toi juste de mon soleil » lui répond Diogène ce que certains interprètent par « cesse de me faire de l’ombre ». L’ermite s’installe, lui aussi, dans une cabane. Plus près de nous, certains de nos contemporains, repoussés par l’âpreté de la vie, tentent de survivre dans les bois, là encore dans des cabanes. La cabane est ainsi un lieu protecteur dans lequel s’installe des adultes ayant renoncé à tout ou que la vie renonce à aider[1]. Chez l’enfant, il en va tout autrement, la cabane est le lieu où tout est possible. Enfant, je n’ai pas encore la maîtrise du monde, si bien que je construis un lieu où par la grâce du jeu et de l’imaginaire tout devient possible. C’est le contraire du renoncement. Qu’un adulte vienne à en franchir le seuil sans y avoir été invité, et le charme se rompt.

Si l’on observe la construction d’une cabane, c’est bien souvent le toit qui prend le plus d’importance. Il faut qu’il protège de la pluie, certains peuvent y voir l’instance protectrice, sorte de surmoi. Bien sûr, la cabane doit également isoler du monde adulte. Cependant, l’essentiel de la cabane se joue à l’intérieur.

La cabane participe ainsi à la prise d’autonomie des enfants. Ils y érigent des règles, des relations sociales qui sont largement inspirées de celles des adultes, mais dans un « comme si » qui n’est pas un « tout comme ». Si nous les observons attentivement, il apparaît que bien souvent ces règles sociales sont plus âpres que celles édictées par le monde adulte, c’est que la trahison est inacceptable, dès lors point n’est besoin qu’une règle soit trop souple. (…)

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