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A propos des adolescents en errance : la mélancolisation d’exclusion ou d’une souffrance psychique dans l’actuel

Olivier DOUVILLE - Psychanalyste, Paris. Maître de conférences en Psychologie clinique, Université Paris 10-Nanterre Psychologue clinicien au E.P.S. de Ville-Evrard (93). Directeur de publication de Psychologie Clinique

Année de publication : 2001

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°6 – Jeunesse, le devoir d’avenir (Octobre 2001)

La problématique de l’exclusion a pris le relais de celle de la pauvreté, voire de la misère, et cette dramatisation des termes s’explique peut-être du fait de la grande proportion d’adolescents en exclusion, en errance, en déliaison sociale (1). Les espaces urbains contemporains sont aussi des réalités inter et intra psychiques. Il sont les lieux même de l’expression du malaise actuel dans la culture et dans la subjectivation […]

Partons d’une expérience clinique. Je travaille comme psychologue clinicien dans un Centre Psychiatrique de la Banlieue parisienne où je me suis investi dans un travail sur la cité, j’ai également été consultant pour le Samu Social International dans un projet concernant les adolescents en situation de grande exclusion dans la rue, à Bamako. De la banlieue parisienne à Bamako et ses quartiers périphériques les différences peuvent, en un premier temps sauter aux yeux. Le clinicien, à l’inverse, doit se montrer sensible, en dépit des différences manifestes, en dépit de tout ce qui peut, à juste titre, différer entre un adolescent bambara et un adolescent de banlieue parisienne, à une certaine concordance de traits cliniques qui définissent une mélancolisation d’exclusion.

Que veut dire un tel terme « mélancolisation d’exclusion » ? Il s’y désigne une dégradation progressive des rapports du sujet à l’espace, au corps et au langage. Les sujets en danger psychique (et non seulement en souffrance psychique) dans l’exclusion sont des sujets qui ont perdu le sens de leur corps, de l’intégrité de leur corps, de la cohésion de leur corps. La notion de régression qui s’impose alors n’est pas une mauvaise notion. Elle implique toutefois une idée assez fixe du développement qui ne convient toujours pas. A quoi assistons-nous ? à des sujets qui ont perdu le sens de leur image corporelle, qui se vivent dans des formes particulières de rapports à la douleur, une façon d’anesthésie, qui ont des rapports contrariés aux rythmes élémentaires de l’existence – ceux donnés par le jour et par la nuit, qui mettent en avant un corps déchu, déchet, objet de scandale surtout, avant qu’il ne soit objet de soin. (…)

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