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Demande de reconnaissance sociale par l’action collective

Y. CLOT - Professeur de Psychologie, Chaire de psychologie du travail, CNAM.

Année de publication : 2000

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°2 – Métamorphoses de la demande et engagement dans le soin (Septembre 2000)

La question de la demande de reconnaissance sociale ne renvoie pas nécessairement à la demande dans le cadre de la relation duelle mais peut prendre forme dans une action collective.

L’attitude des autres fait partie du réel du sujet concerné. Une association qui se fixe comme but de transformer le sens de l’injustice vécue en colère contre un adversaire identifié, et qui le fait en vue d’obtenir des résultats tangibles, adopte ainsi une conduite en rupture avec les attitudes dominantes dans la « gestion » du chômage. Elle montre, en désignant l’objet social du drame derrière chacun de ses sujets, qu’une situation profondément « anormale » peut devenir la source d’un investissement personnel transformé dans l’action. C’est en cours d’action contre une injustice sociale que la haine des autres et de soi peut se muter en colère contre des rapports sociaux impersonnels. En ce sens, on peut dire que la culpabilité se trouve subvertie quand la honte se renverse et que ce sont des politiques institutionnelles et sociales qui sont collectivement stigmatisées par les chômeurs « associés ». Cette « dé-subjectivation » par l’action est au principe d’une ré-appropriation subjective. En effet, elle inscrit les conflits du sujet dans un registre symbolique. Elle l’affranchit de la dépendance à l’égard d’une relation soumise à l’arbitraire de celui qui le reconnaît ou qui l’annule en lui refusant cette reconnaissance (P. Aulagnier, 1975). Il existe d’ailleurs une intéressante « culture de la révolte » dans une association comme l’APEIS*. « Il est possible qu’on ne trouve plus jamais de travail, dit Maria, mais on aura transmis à nos enfants le goût de se battre. La colère c’est une fidélité aux générations d’avant et d’après. Chaque injustice — si petite soit-elle — il faut qu’elle te révolte. Les syndicats sont trop matérialistes et sans idéaux. Avant on se battait pour des idées puis on a perdu le goût de la révolte. (…)

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